La fin annoncée de Parcoursup laisse le champ libre à un nouveau dispositif qui se voudra plus simple, plus équitable, plus enclin à favoriser les bons choix. Sortira sans doute une solution plus ‘‘student friendly’’, à grand renfort de fonctionnalités dopées à l’IA.
Après l’austère APB et le mal-aimé Parcoursup, bonjour le rassurant ‘‘guichet’’ dont personne ne sait encore ce qu’il recouvrera. En 2028, nous changerons de logiciel, avec hélas peu de chances de changer l’essentiel.
Car au-delà de savoir s’il faut durcir l’entrée à l’université ou en élargir les conditions d’accès, l’orientation demeure le même angle mort.
Condition de recrutement
Or, l’orientation, si elle conditionne de facto une juste poursuite d’études, dépasse les simples considérations académiques. Dans son excellente enquête sur Les jeunes et le travail, l’Institut Montaigne met en évidence l’impact majeur de l’orientation sur la satisfaction professionnelle. Un jeune sur deux la juge d’ailleurs sévèrement, ce qui ne fait pas mystère sur la difficile capacité de projection de carrière pour une part non négligeable de ces nouveaux actifs. Plus que jamais, l’orientation pose les bases d’un recrutement réussi et de ce point de vue, les organisations auraient tout intérêt à s’emparer sérieusement de ce sujet.
Offrir une orientation de qualité aux enfants de ses salariés relève autant de la politique RSE que du recrutement ‘Early Stage’. L’organisation qui s’y engage cultive, sans même le chercher, le meilleur réseau de cooptation qui soit. Elle se donne aussi les moyens de révéler des potentiels avant l’heure et de valoriser des métiers qui souffrent moins d’un manque de débouchés que d’un déficit d’image.
Assurément, l’orientation tient une place légitime dans le milieu de l’entreprise et pourrait prendre la forme d’un guichet de services sur le lieu de travail.
Au plus proche du terrain
Le Point d’Accès à l’Orientation déclinerait ainsi entretiens individualisés, visites ciblées, conférences thématiques sur les métiers en tension, et pourquoi pas un programme de parrainage entre collègues, sur le principe d’un échange de bons procédés, chacun accueillant quelques jours l’enfant d’un autre pour lui montrer la réalité de son activité et la passion qui l’anime. Le stage d’observation de Seconde, désormais obligatoire et que tant d’élèves peinent à trouver, en offre le cadre tout tracé.
Dans sa logique, le dispositif se construit au cas par cas, selon les enjeux de chaque organisation comme c’est le cas pour cet hôpital pour enfants qui envisageait de l’étendre à ses jeunes patients pour prévenir le décrochage scolaire, ou comme cette enseigne bancaire qui y verrait un moyen de restaurer l’attractivité de ses métiers traditionnels.
Bien sûr, celui-ci concerne avant tout les grandes organisations car il faut une masse critique pour rendre supportable un cofinancement entre employeurs et salariés auquel le comité social et économique a naturellement vocation à prendre part. Rien n’interdit pour autant d’y associer les PME qui gravitent autour des grands groupes, par la mutualisation entre CSE ou au sein d’un groupement d’employeurs, ce qui ne ferait qu’en accroître l’impact.
Le Point d’Accès à l’Orientation a toutes les chances de passer pour un OVNI dans le contexte troublé que l’on connaît. Mais pendant que l’on redessine une formule technologique consensuelle, ne serait-il pas le moment pour nos entreprises de prendre leur part dans un enjeu qui les concerne autant qu’il engage l’avenir des jeunes générations ?
Dirigeants, DRH l’appel est lancé. Inventer un nouveau paradigme de l’orientation est à la portée de notre volonté.



